Conjoncture économique d’avant crise

A) Croissance et développement économique du début du 20ème siècle

L’apparition  de « grandes » usines à la fin du 19ème et début 20ème  siècle particulièrement en Allemagne et aux Etats-Unis, se met en place avec les premières  chaînes de production afin de façonner des objets en série. C’est le début de la société de consommation aux Etats-Unis (pays marqué par une forte dynamique industrielle) et de nouveaux modes de travail apparaissent : Le Fordisme et le Taylorisme. Le Fordisme adopte une politique de hauts salaires pour que les ouvriers puissent être acteurs dans la société de consommation. Le Taylorisme aspire à la spécialisation des ouvriers dans une seule tâche. Les états qui adoptent ces techniques de production sont des nations développées et sont essentiellement capitalistes. Leur système économique est basé sur la propriété privée des moyens de production et avec pour principal objectif la création de profit.

L’économie de la belle époque (fin XIXème jusqu’au début de la première guerre mondiale) est marquée par d’importantes innovations et des progrès technologiques (exemples : l’aviation, la télécommunication ou encore l’automobile). Ces inventions généreront par la suite de nouveaux secteurs sensibles à la croissance. Cette économie profite d’une phase bénéfique du cycle de Kondratieff qui présage une période d’expansion. Ainsi, les taux de croissance annuels atteignent souvent dans les pays industrialisés la barre des 3%. Cette situation s’explique par le Gold Standard System (les banques émettent de la monnaie en fonction de leur réserve en or). La découverte de mines d’or en Californie (1850) et en Alaska (1890) sont un des éléments explicatifs du retour à la prospérité (on note que la belle époque a été précédée par la grande dépression).

Durant les années 1920, l’économie américaine est bouleversée par la commercialisation à grande échelle (cinq millions de voitures vendues en 1929) et par de nombreuses innovations technologiques (développement du moteur électrique dans de nombreux appareils). La société change radicalement avec l’apparition de la publicité et la création de la vente à crédit, comme en témoigne les dires de Paul Claudel : « nouvelle pratique qui s’est généralisée partout en Amérique, des achats non plus comptant mais par instalments, c’est-à-dire par amortissement graduel ». Le résultat de ce phénomène a été selon lui « d’augmenter les puissances d’achat du pays en ajoutant au capital actuel une avance sur le capital futur ».  La production industrielle du pays augmente de 50 % entre 1919 et 1927 et on observe de plus en plus de « fusions » d’entreprises, phénomène facilité par le faible niveau des taux d’intérêts. Les actionnaires exigent généralement des croissances de production à deux chiffres. En relatant son voyage en 1929 aux Etats-Unis, Bertrand de Jouvenel nous fait part de cette liesse qui emporte le monde économique : « ce n’était de toutes parts que production grandissante, consommation grandissante, bénéfices grandissants. Ce n’était que bonnes nouvelles, qu’espoir et enthousiasme ». Les Etats-Unis sont entrés dans une nouvelle ère, une nouvelle économie nourrissant les plus grandes utopies comme affirme le président américain Herbert Hoover : « Aujourd’hui, nous autres, en Amérique, sommes plus près de la victoire finale sur la pauvreté qu’aucun autre pays ne l’a jamais été dans l’histoire ».  Le phénomène de call loans (prêt au jour le jour) se développe également, permettant aux plus modestes d’accéder à la bourse (si bien qu’en 1929, un américain sur cent possède un portefeuille d’action). Le call loans est le fait d’acheter des actions avec des crédits par l’intermédiaire de courtiers.

On remarque que l’indice Dow Jones a augmenté d’environ 280% entre 1924 et fin 1929. Cette rapide augmentation s’explique par la spéculation en bourse effrénée des ménages américains : Les valeurs des actions boursières des 30 plus grandes entreprises américaines ont donc été  de plus en plus amplifiées (et donc ne correspondaient plus avec la réelle valeur de l’entreprise).

indice dow jones 1

L’indice Dow Jones a été créé par Charles Dow et Edward Jones en 1884. Cette unité de mesure a été mise en place pour estimer les valeurs industrielles qui ont le plus fort potentiel en bourse. A l’instar du CAC 40 en France, le Dow Jones classe les 30 entreprises les plus importantes en Amérique. Malgré quelques faiblesses ( seulement les 30 plus importantes entreprises américaines sont concernées), le Dow Jones continue à être publier car il peut être comparable avec les indices Dow Jones calculés 120 ans auparavant. Le système Dow Jones a cependant laissé la place à l’indice S&P 500 (indice principal de la performance de l’économie américaine actuelle). Source : La FED.

 

B) Economie du début du 21ème siècle

On remarque que la majorité des pays adoptent la vision du modèle économique mondial, c’est-à-dire le capitalisme et le libre échange des marchandises (sans lequel la mondialisation serait impossible). Le capitalisme s’est réellement étendu à l’échelle mondiale lors de la chute du Mur de Berlin (décembre 1989), événement suivi par la division de l’URSS, symbole de l’idéologie communiste (antipode du capitalisme). C’est ainsi que la Chine, dernier grand pays qui se revendique communiste, nomme son système économique :  « économie socialiste de marché »,  et encourage les transactions avec l’occident. L’Europe s’inscrit davantage dans la pensée du libéralisme en créant en 1986 la loi de l’Acte unique européen AUE (entrée en vigueur le 1er juillet 1887) qui permet et facilite le libre-échange entre les pays signataires. Cet acte sera suivi 8 ans plus tard par la création de l’espace Schengen instaurant la libre circulation des personnes citoyennes européennes au sein de l’Europe.

L’ économique de la fin du 20ème siècle et début du 21ème siècle connait une expansion à l’échelle mondiale. En effet, après les crises des chocs pétroliers de 1973 et 1981, le cycle de Juglar se rompt, laissant place à une situation économique prospère. C’est ainsi qu’on observe une hausse de 120% du PIB mondial entre 1998 et 2010 (passant de 33 725 635 millions à 74 004 245 millions de dollars). De même, le volume des échanges mondiaux a été multiplié par 2 entre 1990 et 2008, résultat d’une mondialisation effrénée. En France, le volume des exportations a été multiplié par près de 2,5 ; résultat qui peut s’expliquer par la production industrielle du pays qui a fait un bond de 15%.

Cette multiplication des échanges et cette prospérité économique créent un développement de tous les pays du monde et particulièrement des pays émergents. Ainsi, ces pays tels que la Chine et l’Inde marquent la première décennie du 21ème siècle par leur forte croissance économique (Augmentation du PIB chinois de 10,1% en 2006). L’accélération de l’activité économique mondiale aux Etats-Unis, en Europe et en Asie augmente le PIB mondial en 2000 d’environ 5%, soit la plus grande augmentation depuis 10 ans. Effectivement, on remarque une baisse globale du chômage, notamment en France de 3 points entre 2000 et 2008 (tous âges confondus).

Aux Etats-Unis, dans les années 2000, le taux d’inflation reste assez bas puisqu’il est au environ de 3% (ce qui est assez faible par rapport au 12% du choc pétrolier de 1973). De plus les taux d’intérêt ont été en continuelle diminution depuis les années 1980, on observe donc un taux d’intérêt de 4% en 2002 qui baissera de 1.8 points pour atteindre 2.2% en 2007 (d’après l’US treasury). Ce sont les conséquences d’une politique monétaire de la FED (Federal Reserve System) qui vise à faciliter l’accès au crédit. Cette politique menée par la FED est possible grâce à une croissance économique du pays sans précédent atteignant en 2000 environ 13 milliards (la croissance économique augmente de 3.79% en 2004).

C) Des points communs et des différences

Points communs différences
–          Une période économique en pleine expansion

–          Taux d’intérêts et d’inflation bas

–          L’économie américaine au cœur de la finance mondiale

 

Krach de 1929 :

– système de call loans par l’intermédiaire de  courtiers.

– Toute puissance des pays industrialisés (occidentaux)

–  apparition d’une société des consommation et démocratisation des crédits pour les particuliers

–  engouement et utopies à propos des actions

– forte industrialisation

Crise des subprimes 2008 :

– Mondialisation à son apogée

–  Apparition de pays émergents qui entrainent une redistributions des puissances économiques

–  liberalisme omniprésent dans le monde

– tertiarisation de l’écconomie américaine

 

Publicités