Des causes similaires mais aussi différentes

A) Prise de risque dans les milieux boursiers et banquiers

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La crise de 1929 se traduit essentiellement par une bulle spéculative des actions à la bourse de Wall Street. En effet, comme vu précédemment, on constate un véritable engouement des ménages de toutes les classes sociales à la bourse. Phénomène compréhensible car la conjoncture économique était exceptionnellement bonne  et propice à l’épanouissement économique des entreprises américaines. On note que les Etats-Unis profitent encore de leurs bénéfices issus de leurs commerce pendant la première Guerre mondiale comme la France ou encore le Royaume-Uni. Par ailleurs, les taux d’intérêts sont assez bas. Ainsi, les ménages pouvaient emprunter facilement auprès de courtiers pour financer des actions en bourse. Lorsque la valeur de l’action augmentait et qu’ils percevaient des dividendes, ils pouvaient rembourser leur courtier (avec un taux d’intérêt). Ces courtiers empruntaient également de l’argent aux banques : ce sont les intermédiaires. Toute cette activité a amené à une bulle spéculative où la valeur des actions ne correspondait pas à la valeur de l’entreprise en question. On remarque alors la naissance de spéculateurs, c’est-à-dire des personnes augmentant artificiellement les valeurs des actions. Par exemple, si un ménage possède 100$ à investir en bourse il peut emprunter 900$ (le courtier prêtait généralement 90% de la mise) et mettre en bourse 1000$. Si le prix de l’action augmente de 2%, le ménage américain percevrait 2% de sa mise soit dans notre cas 20$ en plus. Il pourrait donc revendre ses actions 1020$, emprunter encore plus au courtier et mettre encore plus d’investissements en bourse. Par contre, si l’action baissait il pourrait la revendre à perte mais sans problème car il y avait une forte demande. Pourtant il y a une faille dans ce raisonnement : les banques ne peuvent pas financer à l’infini et lorsque les actionnaires découvrent que les prix sont plafonnés (que la valeur de l’action est à son maximum), ils commencent à revendre, ce qui fait chuter les prix. L’offre est alors supérieure à la demande (la pyramide s’effondre donc).

Etant donné le bon climat économique du début du XXIème siècle, les banques s’autorisent à prêter de l’argent aux ménages les plus modestes ne respectant pas toujours les normes de prêts. C’est de là que vient le terme subprime composée de « sub » (« sous ») et de « prime » (« prêt »), c’est-à-dire des prêts accordés à des personnes ne respectant pas les critères requis pour accéder aux prêts. Ces crédits étaient accordés avec des taux variables augmentant (normalement) autant que la croissance économique (et par conséquent autant que le salaire des créditeurs). Ces prêts sont destinés à payer principalement les logements de ces ménages modestes, logements mis en caution si le remboursement n’est pas effectué. Cette prise de risque s’est soldée par un échec : les ménages modestes, attirés par de faibles taux d’intérêts et ayant par conséquent empruntés de manière non négligeable, voient les intérêts de leurs emprunts augmenter sans connaître d’augmentation de salaire pour autant. Ils se retrouvent donc en défaut de paiement et leur logement placé en caution leur est retiré pour couvrir leurs dettes. On assiste donc à une bulle immobilière : les banques mettent sur le marché immobilier une quantité astronomique de logements, faisant par conséquent baisser le prix de l’immobilier. On note que cette bulle spéculative présente un risque élevé : si elle éclate, les logements seront dans l’incapacité de financer les dettes des ménages. Il apparaît alors une crise de surendettement des ménages doublée d’une bulle spéculative de l’immobilier qui est la conséquence de l’empressement des banques à combler leur déficit. Le risque est connu mais nécessaire car les banques ont besoin de recevoir l’argent qu’elles ont prêté.

La crise de 2008 illustre parfaitement le paradoxe de Minsky (ou paradoxe de la tranquillité) découvert par l’économiste américain du même nom en 1980. Ce dernier souligne que c’est sous de bons climats économiques que les instances financières prennent des risques.

B) Apparition de phénomènes agissant sur l’ensemble de l’économie mondiale

En 1929, les banques découvrent, avec la mondialisation, les horizons internationaux et c’est ainsi que certaines d’entre elles prêtent à des nations entières. Ce phénomène peut être illustré par l’aide proposée par les américains après la première guerre mondiale à la reconstruction de l’Allemagne notamment et, à plus grande échelle, le plan Marshall après la seconde guerre mondiale. Ces transferts d’argent internationaux présentent bien des avantages mais aussi des dépendances et des risques vis-à-vis des banques. En effet, le krach de 1929 fait paniquer les banques et ces dernières rapatrient leurs investissements dans leur pays d’origine (l’exemple le plus flagrant est le rapatriement des investissements américains délaissant l’Allemagne et son industrie).

Que ce soit au cœur des années trente ou dans l’ « ère nouvelle » du 21ème siècle, les échanges internationaux se sont étendus et ont modifié les sphères économiques. Effectivement, on observe dans le cas de la crise des subprimes un nouveau phénomène à la mécanique complexe : la titrisation. Cela consiste à transformer les créances vis-à-vis des ménages en titres pouvant être vendus au sein des institutions financières (banques, assurances…). Ces titres présentent une part d’incertitude, de risques, d’autant plus qu’ils sont regroupés en lots composés d’autres titres de nature diverse (créances, actions …). La valeur du titre correspond à la valeur du logement pour lequel le prêt a été accordé. La valeur des logements dépend de la bulle immobilière que les banques sont en train de former malgré elles. Ce qui, implicitement, met en corrélation la valeur des titres et cette bulle immobilière. La titrisation est alors doublement risquée : la valeur des créances dépend de la bulle immobilière et également de la capacité des ménages à rembourser, ces derniers ne remplissant pas à la base les critères nécessaires au prêt. Ces titres hautement risqués vont « intoxiquer » le marché, propageant au sein des plus grandes banques des investissements douteux qui se révéleront par la suite invendables (et par conséquent ne pouvant rapporter l’argent investi).

On remarque donc que ces crises mettent en scène deux phénomènes à l’envergure mondiale : le rapatriement de la part des banques de leurs investissements, bloquant entièrement l’activité économique des pays débiteurs et la titrisation, intoxiquant le marché des titres et supprimant la confiance des banques vis-à-vis des prêts envers les ménages.

C) Des points communs et des différences

Ces deux crises à échelle mondiale ont des causes à la fois similaires et différentes. En effet, elles se déclenchent à cause de taux d’intérêt bas ainsi qu’une prise de risque dans le milieu banquier et boursier, engendrant un krach pour chacune.

Pourtant ces deux crises n’ont pas des origines tout à fait identiques. Effectivement, la crise de 1929 est liée à une bulle spéculative des actions à la bourse de Wall Street alors que celle de 2008 à une bulle immobilière (et titrisation) ainsi qu’un non-respect des critères requis pour accéder aux prêts.

 

 

 

 

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